Data : 2018, l’année du Big Bang ou du Big Brother ?

En Mai 2018, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) entrera pleinement en vigueur. Ce règlement européen est un petit séisme dans le monde des entreprises, puisque pour la première fois, les autorités de contrôle en charge de la protection pourront infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise contrevenantes, ou 20 millions d’euros (le montant le plus haut des deux sera retenu).

La prise de conscience généralisée de l’importance de la donnée a encore été renforcée par le récent scandale de Cambridge Analytica, qui a vu les données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook détournées.

La donnée, une pépite souvent mal exploitée

Si se prémunir et réagir face à ces risques est évidemment nécessaire, ces différentes actualités véhiculent une vision négative, anxiogène, de la donnée. Or, la donnée est profondément créatrice de valeur, lorsqu’elle est bien collectée, analysée, en respectant les règles de protection.
L’enjeu est de taille : si les organisations, qu’elles soient privées ou publiques souhaitent tirer parti de la donnée, elles vont devoir développer une véritable culture de la donnée, ou  » data-literacy ». Ne pas démystifier l’usage de la donnée est le meilleur moyen de créer de l’insécurité autour de ce sujet sociétal.

Chacun d’entre nous doit devenir un salarié, un individu, un parent ou un citoyen éclairé sur le sujet de la donnée. Ne pas se former aux enjeux réels de la donnée laisse la place à une forme d’obscurantisme, alimentée par des futurologues improvisés et des lanceurs d’alerte sans réel fondement. Il est urgent de développer la pédagogie de la donnée !
Expliquer concrètement ce qu’est une donnée structurée, une métadonnée ou une API permettrait à chacun de mieux saisir les enjeux du monde numérique. Au-delà de cette prise de conscience, il s’agit de permettre à chacun d’être acteur de la donnée et de savoir comment l’utiliser et bien sur se protéger des détournements.

Le grand public et les collaborateurs des entreprises doivent faire l’effort de comprendre concrètement les enjeux de la donnée. Le jargon technique est bien sur rebutant : mettre en place un datalake, ouvrir une API, faire du machine learning. Autant de termes finalement mal définis, qui alimentent toutes sortes de projections.

Les entreprises, moteur de cette mutation

Les entreprises ont également un rôle central dans cette acculturation à la donnée. Si elles ne se préoccupent pas de former leurs équipes à l’usage réfléchi de la data, les projets de big data se heurteront à une résistance forte en interne. En effet, les données pour être analysées, doivent auparavant être collectées, normées et partagées. Le cycle de vie de la donnée est donc un travail collaboratif, qui permettra aux analystes de produire de véritables recommandations.

En conclusion, le sujet de la data pourrait bien s’avérer être un sujet de guerre économique : les GAFA ont largement anticipé le RGPD et investi des moyens considérables pour exploiter les données. En Chine, la protection des données est inexistante, ce qui permet à des acteurs de l’intelligence artificielle de développer des solutions avancées. Cette absence de cadre réglementaire et data-literacy offre aujourd’hui la possibilité à de nombreux acteurs de prendre de l’avance, profitant d’une certaine ignorance des utilisateurs finaux.

Développer la culture data et les cadres réglementaires est une opportunité de rassurer quant à la réalité des données et surtout, de démystifier. Les Chief Data Officer et spécialistes du sujet sont donc amenés à développer une posture de pédagogue et de facilitateur pour libérer réellement le potentiel de la donnée.

Antoine Amiel

Antoine Amiel

Co-fondateur chez Learn Assembly
Antoine Amiel

Les derniers articles par Antoine Amiel (tout voir)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *