L’entretien d’embauche et les questions interdites

Comment j’ai réagi en entretien d’embauche quand le directeur s’est lâché et m’a posé des questions illégales et légèrement misogynes du style « vous êtes sûre de ne pas être enceinte ? »

 

J’ai peaufiné mon CV, soigné ma lettre de motivation… Et j’ai décroché un entretien d’embauche dans une société qui me plaît.

Youpi.

Je suis une femme, il a donc fallu que je fasse attention à mes vêtements : féminins, certes, mais pas trop. Pas trop austères non plus. J’ai trouvé la tenue qui me semble correspondre sans jupe courte ni grand décolleté. Pas trop maquillée, mais soignée. Je me sens sûre de mon look. Je suis arrivée légèrement en avance… Ca y est, c’est à moi.

Evidemment, en plus de la « façade », j’ai préparé l’entretien.

Je sais quoi répondre à la question « parlez-moi de vous »… Professionnelle, courte et précise la réponse.

Je me suis renseignée sur l’entreprise et j’ai préparé mes « points d’améliorations » pour l’inévitable « quels sont vos défauts ». Et trouvé des exemples concrets de mes compétences.

Tout se passe plutôt bien.

 

Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est la question d’un des dirigeants qui sont en face de moi : « avez-vous l’intention de tomber enceinte dans les prochains mois ? »

Celle-là, je ne l’avais pas vue venir !

Evidemment, je suis gravement énervée… Mon fonds de féminisme remonte à la surface ! Je réponds quoi ? « Non, je suis contre la procréation assistée ! » ? Je garde mon calme… Respiration profonde, tout ça, tout ça !

Mais dans ma tête, ça mouline sec. Et la question suivante sera sur mes orientations sexuelles, un risque de cancer parce que je suis fumeuse ou le candidat pour qui j’ai voté aux dernières élections ?

Parce que tout ça, avec la religion, le fait d’avoir des antécédents judiciaires, les origines ethniques et le métier du conjoint, ce n’est pas légal comme questions.

 

Que le recruteur demande, dans certaines professions, au candidat d’avoir un casier judiciaire vierge, je veux bien. Qu’il me demande combien j’ai de points sur mon permis (si mon métier n’est pas conducteur de bus scolaire), non ! Qu’il s’inquiète, si j’ai des enfants, sur la gestion du temps lors des nombreux déplacements, ok, qu’il me demande si je suis divorcée, non.

 

Que le recruteur ait envie de mieux cerner le candidat pour se rassurer, c’est logique, mais il y a des limites à ne pas dépasser…

 

Alors ? J’ai franchement répondu que sa question était illégale… Et que je n’étais pas enceinte pour le moment.

Au fait, j’ai décroché le poste quand même.

La Rédaction

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HR Voice, un Webzine RH dédié à ceux qui veulent comprendre, débattre, répandre, entendre et faire entendre !
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