L’alternance comme moteur d’innovation pour les entreprises

La tournée de l’apprentissage a débuté ce lundi 21 septembre 2020 à Arras. Elle s’inscrit dans le plan « #1jeune1solution », annoncé par le gouvernement fin juillet, qui a pour ambition de diminuer le taux de chômage chez les moins de 26 ans. Celui-ci, actuellement de 21,6 %, devrait passer à plus de 30 % en décembre, faisant des jeunes la population la plus touchée par la crise économique. Pour permettre aux alternants de s’insérer plus vite dans l’emploi, un plan de relance économique a donc été annoncé fin août par le Premier ministre, Jean Castex. Pourtant, depuis la rentrée, de nombreux étudiants peinent encore à trouver un contrat en alternance. Les entreprises, fortement impactées par les conséquences de la pandémie de Covid-19, hésitent à recruter. C’est, en réalité, le moment parfait pour miser sur l’alternance afin de répondre aux enjeux actuels de flexibilité et d’innovation.

Les freins à la reprise de l’apprentissage

Depuis le 1er juillet 2020 (et jusqu’en février 2021), le gouvernement a mis en place un plan de relance de l’apprentissage. Les entreprises de moins de 250 salariés disposent ainsi d’une aide à l’embauche de 5 000 euros pour un apprenti de moins de 18 ans et de 8 000 euros pour un apprenti majeur. Les plus grosses entreprises en bénéficieront également, à condition d’atteindre un quota de 5 % d’alternants dans leurs effectifs en 2021. Malgré ces aides incitatives, comment expliquer la difficulté à trouver un contrat d’apprentissage pour de nombreux étudiants ?

Les raisons sont diverses. Alors que l’on parle de reprise de l’épidémie, l’avenir reste incertain pour de nombreuses entreprises. Entre diminution et stagnation de leurs résultats financiers, elles se retrouvent, très souvent, confrontées à une situation inédite. Si certaines doivent avoir recours à des coupes budgétaires, d’autres préfèrent se focaliser sur la reprise de leur activité, considérant l’alternance comme une perte de temps ou un frein à l’innovation. Il n’est donc pas étonnant que les recrutements se fassent rares. Pourtant, le contexte est plus que jamais propice à une réinvention, qui impliquera l’intégration de nouvelles compétences.

Une réinvention nécessaire des entreprises

La crise n’est pas terminée et les entreprises doivent faire face à de nombreux défis. La période est en effet complexe et nécessite de renouveler son activité pour : répondre aux nouveaux besoins, accélérer sa transformation digitale, faire face à une crise écologique, à la récession économique… On le voit, certaines entreprises n’ont pas hésité à faire évoluer leur production pour montrer leur engagement dans la lutte contre le virus. D’autres ont diversifié leur activité, intégré de nouvelles technologies ou encore changé leur façon de travailler. Elles ont su rebondir et prouver leurs capacités d’innovation là où on ne les attendait pas.

Ainsi, à l’avenir, les organisations qui resteront compétitives seront celles qui parviendront à se remettre en question, sans cesse, en innovant avec moins de ressources et de nouvelles compétences. Celles qui choisiront le repli sur elles-mêmes risquent, au contraire, de perdre en productivité et en créativité. Si les investissements font peur, ils seront nécessaires. Cela passe, bien entendu, par le recrutement de profils prometteurs qui pourront apporter un regard neuf et une vraie énergie.

Intégrer un alternant

Les mutations actuelles imposent une formation régulière des équipes au sein des organisations. C’est le cas, par exemple, de l’appropriation des nouvelles technologies ou d’outils collaboratifs destinés à favoriser le travail à distance. C’est aussi l’occasion de révéler le potentiel de certains collaborateurs. L’apprentissage est donc toujours présent, tout au long de la vie d’une entreprise et, encore plus, en ce moment.

Prendre un alternant représente une opportunité d’intégrer de nouvelles compétences, mais aussi d’avoir un membre de son équipe formé en continu. Entre pratique et théorie, il lui sera plus facile d’acquérir de nouveaux savoirs, de les mettre en application tout en développant ses capacités d’innovation et son esprit critique. Toutefois, pour que l’expérience soit réussie, il sera indispensable de bien préparer l’intégration de ce nouvel arrivant. La première étape consistera à réfléchir à sa stratégie de développement et à identifier ses besoins. Un bon recrutement favorisera les réflexions et échanges indispensables aux enjeux de l’entreprise de demain.

David Izoard
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