Taxer les contrats courts pénalisera les salariés

La France doit redonner toute sa place au travail dont le rôle essentiel dans la création de richesses est totalement absent du grand débat.

C’est pourquoi monsieur le président de la République, je vous demande exceptionnellement de ne pas tenir l’une de vos promesses de la campagne présidentielle pour faire enfin baisser le chômage et redonner au travail ses lettres de noblesse.

Le projet de taxer les entreprises qui utilisent des contrats courts pour développer les emplois longue durée aggravera les maux dont souffre notre économie.

Notre pays compte 2,73 millions de chômeurs à fin novembre selon l’Insee. Soit 9,1% de la population. 2,85 millions de personnes ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation affirme l’OCDE. 100 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme.

Cette taxe asphyxiera des entreprises qui ont d’abord besoin de plus de liberté et de confiance pour embaucher. Elle découragera les chefs d’entreprise en aggravant la mainmise de l’administration. Elle handicapera les PME et les TPE qui créent des emplois. Elle affaiblira les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration qui affrontent de nouveaux concurrents issus de l’internet en renchérissant le coût du travail. Elle pénalisera les salariés qui ont choisi de travailler par mission. Elle ignorera les aspirations des jeunes générations qui veulent plus d’autonomie et choisir leur parcours professionnel.

Imposer un système de bonus et de malus qui récompensera les « bons » employeurs et stigmatisera les «mauvais » employeurs met également à mal la confiance qui s’est bâtie depuis des décennies entre les salariés, les entreprises et les agences d’intérim qui forment des dizaines de milliers d’hommes et de femmes et leur fournissent chaque jour des missions dans toutes les régions de France.

Bâtir une société qui redonne toute sa place au travail exige que la France abandonne les vieilles recettes qui l’appauvrissent depuis 40 ans.

Accordez votre confiance, monsieur le président de la République, aux entrepreneurs et aux salariés en permettant à chaque Français, quel que soit son âge et sa formation, d’avoir les moyens de s’adapter à un nouveau monde en marche.  

Samuel Tual
Samuel Tual

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