Risque de change : l’épée de Damoclès des entreprises internationales

Un orfèvre partage un festin avec Denys, tyran de Syracuse, et ses courtisans. Au-dessus de sa tête, à peine retenue par un crin de cheval, une épée se balance. Inconscient du danger, l’orfèvre profite avec légèreté des festivités, il ne prendra conscience du mécanisme fatal qui le surplombe qu’à la fin du repas. 

Cette histoire, c’est le mythe de Damoclès, mais c’est aussi le quotidien des entreprises ouvertes à l’international. En effet, une entreprise engagée dans des transactions en devises étrangères, est exposée à un risque dont ses dirigeants n’ont pas pleinement conscience : le risque de change.

Lors de l’émission ou de la réception d’un paiement en devises étrangères, une opération de conversion est nécessaire : l’opération de change. Or, tout comme les actions d’entreprise cotées en bourse, les monnaies ont leur propre marché : le marché des changes. Le taux de change retenu pour une opération de conversion dépend donc du « prix » (i.e. de la cotation) proposé sur le marché des changes.

Ce marché des changes étant soumis à la loi de l’offre et de la demande, ses variations peuvent être particulièrement soudaines et extrêmement fortes. Dans certains cas, la cotation obtenue  sera meilleure qu’anticipée et favorable à l’entreprise, dans d’autres cas en revanche, elle sera nettement défavorable.

 

Le risque de change, c’est l’éventualité qu’une variation des taux de change affecte négativement l’entreprise. 

D’ailleurs, pour être tout à fait précis, il n’existe pas un mais plusieurs risques de change que nous allons passer en revue. D’après les données d’une étude Deloitte, 56% des entreprises manquent de visibilité sur leur exposition aux risques de change…

  • Le risque de change transactionnel concerne l’entreprise si elle vend ou achète, dans une devise étrangère. Dans ce cas, le taux de change retenu lors de l’opération de change (cours effectif) peut être différent du cours comptabilisé lors de l’émission ou de la réception de la facture (cours comptable).
  • Le risque de change consolidation Groupe concerne l’entreprise si elle regroupe les bilans de filiales étrangères en un bilan national consolidé. Cette fois-ci ce sont les revenus réalisés par les filiales qui peuvent être affectés par les mouvements du marché des changes lors de leur rapatriement vers la maison-mère.
  • Enfin, le risque de change économique concerne l’entreprise si les variations du marché des changes affectent le pouvoir d’achat des clients (secteur touristique par exemple), ou si elles ont un impact sur sa compétitivité  vis-à-vis de ses concurrents.

De bonnes pratiques permettent de se prémunir de ces trois risques de change, le plus souvent en ayant recours à des produits financiers capables de vous protéger des variations du marché des changes sans tomber dans la spéculation. Appelées politiques de change, ces bonnes pratiques permettent aux entreprises d’éviter simplement des risques méconnus bien que potentiellement mortels.

Par conséquent, il ne faut pas attendre la fin du banquet pour découvrir avec effroi l’épée de Damoclès, mais plutôt prendre les devants et améliorer dès maintenant sa gestion des risques de change.

Sébastien Oum

Sébastien Oum

Président-fondateur chez Ambriva
Sébastien Oum

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