Que vont apporter les JO de Paris en terme d’emploi pour la France ?

Alors que les Jeux Olympiques de Pyeongchang se poursuivent tranquillement et que les médailles commencent à tomber pour la France, on pense forcément à nos JO ! Oui ceux qui auront lieu chez nous en France en 2024 et qui potentiellement nous apporterons un potentiel non négligeable d’emplois.

Car c’est près de 200 000 emplois qui sont attendus pour mener Paris vers les JO de 2024. Une aubaine pour le marché de l’emploi qu’il conviendra de pérenniser…

Depuis la mi-septembre, Paris a officiellement été désignée ville hôte des trente-troisièmes Jeux Olympiques et Paralympiques. Avant de décrocher des médailles, une organisation sans précédent va être mise en route pour la réussite de cette olympiade.

Les défis d’aménagement pour les Jeux sont multiples : amélioration des transports en commun et de la qualité environnementale de l’Ile de France, avec de nouvelle pistes cyclables, dans le cadre du projet du Grand Paris, création de nouveaux logements et d’équipement sportifs.

Le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques (COJO) ainsi que les acteurs publics et les entreprises concernées vont devoir lancer une phase de recrutement sans précédent et tous azimuts, du manoeuvre au cadre dirigeant.

 

4 000 talents pour le COJO

Le comité d’organisation des Jeux Olympiques (COJO) vient de lancer sa phase de recrutement. Plus de 4 000 talents doivent être trouvés pour leur bon déroulement dès 2018. Mais, d’ici 2024,

150 000 emplois induits vont également être créés.

 

247 000 emplois

Pour Laura Flessel, la ministre des Sports, c’est « tout un écosystème qui va être transformé ». L’écosystème olympique devrait ainsi permettre la création de près de 247 000 emplois dans les 10 prochaines années selon une étude du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. « L’effet de confiance lié à l’attribution des JO pourrait même permettre de booster encore ces chiffres », affirme Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef.

Pour le président du groupe MAIF, partenaire officiel du comité de candidature, Dominique Mahé,

« outre le rayonnement international, l’effet sur le moral des Français sera bien supérieur à celui de la Coupe du monde de 1998. »

 

Le BTP en première ligne

Le BTP sera des plus concernés puisqu’il va falloir construire des routes, mais aussi une piscine olympique, un deuxième Bercy et bien sûr le village olympique, en Seine-Saint-Denis. Les JO renforceront aussi l’offre de transports en commun. Quatre nouvelles lignes de métro et la prolongation d’une ligne existante sont ainsi actées sans compter le Grand Paris Express.

Mais les secteurs de la communication, de la finance, du tourisme, de la sécurité ou des relations internationales seront aussi très sollicités.

 

Une embellie pour le tourisme

Les professionnels du tourisme, qui se remettent à peine de la période sombre post-attentats, attendent ainsi une embellie qui permettra de solidifier le leadership de Paris comme première destination mondiale. « Entre 15 et 20 millions de visiteurs sont attendus pendant les JO », a calculé Roland Héguy, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. Et les emplois induits dans ce secteurs ne se cantonneront pas aux femmes de chambres, aux cuisiniers et aux serveurs. Avant les Jeux, les hôtels devront être rénovés, d’autres construits. « Tout cela va renforcer le secteur touristique pendant des années ! » Les retombées pour le tourisme pourraient ainsi atteindre, sur la période, près de 3,5 milliards d’euros.

A ces emploi plus ou moins pérennes, il faudra également ajouter, à l’approche de 2024, le recrutement de milliers de bénévoles, qui pour des durées d’un an à quelques jours, assureront le bon fonctionnement des Jeux, sur les sites sportifs, mais aussi auprès des médias.

 

Un tremplin pour l’insertion

Les collectivités locales franciliennes entendent faire de ces chantiers un vrai tremplin pour les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi et pour l’insertion des personnes handicapées. A ce titre, une charte sociale qui assure une démarche humaine avant, pendant et après les Jeux Olympiques a déjà été signée. Une manne d’emplois qu’il s’agira ensuite de pérenniser après les JO. Les « compagnons » des Jeux, qui auront travaillé pour que les équipements soient prêts en temps et en heure n’auront certes pas de place pour la finale du 100 mètres au Stade de France, mais ils posséderont une belle carte de visite. Celle de l’expérience acquise lors de la préparation d’un événement mondial qu’il s’agira, avec l’ensemble des acteurs économiques de viabiliser après 2024.

Les principales centrales syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC), qui marchent, pour une fois, main dans la main avec les pouvoirs publics, ont ainsi été mandatées pour réfléchir formation et reconversion bien en amont des Jeux. Elles ont d’ores et déjà signé une charte sociale qui assure une démarche humaine avant, pendant et après les Jeux Olympiques.

 

Un héritage à gérer

Avec une candidature réaliste économiquement, un budget estimé à 6,8 milliards d’euros et une volonté affirmée de faire des Jeux à taille humaine, respectueux de l’environnement, Paris 2024 représente pour la capitale et par extension pour la France, une chance économique sans précédent dans l’histoire récente. La gestion de la préparation puis de l’héritage laissé par ces Jeux sera l’un des marqueurs de la réussite de cet évènement.

Il s’agira de s’inspirer de la réussite de Londres dont l’héritage au niveau de l’emploi, du logement et de l’économie est salué par tous et d’éviter la catastrophe des infrastructures fantômes et des dettes laissées à Athènes ou à Rio. Le Comité d’organisation (COJO) et le gouvernement auront, d’ici à l’allumage de la vasque olympique, encore de nombreux obstacles à franchir pour que les dépenses engagées se traduisent avant, pendant et après les Jeux par une embellie économique durable.

Myriam Tricoci
Myriam Tricoci

Myriam Tricoci

Myriam Robert, journaliste depuis une vingtaine d'années, aborde l'actualité avec curiosité. Elle travaille pour la presse grand public et pour des revues spécialisées.