La rentrée à l’heure de la COVID-19 : les différentes étapes pour un retour au travail apaisé

Alors que toutes les entreprises préparent actuellement la rentrée de septembre, nous sommes tous à nous demander à quoi va ressembler ce retour à une nouvelle normalité redéfinie par la pandémie de la COVID-19. Pour chacune d’entre elles, les mesures qui ont été prises dépendent essentiellement de l’impact qu’a eu le confinement sur leurs activités, tant sur les plans financiers qu’organisationnel. Bien qu’aucune décision ne soit gravée dans le marbre, les RH doivent d’ores-et-déjà prendre des directives pour assurer la sécurité de leurs employés et mettre en place des protocoles afin de faire face à un possible rebond de l’épidémie, tout en assurant la continuité des activités.

Pour les RH, cette période si particulière consiste surtout à planifier le retour des employés dans les locaux de l’entreprise, et à redéfinir sous quelle forme et à quel moment.

Les décisions semblent difficiles à prendre avec une crise sanitaire de cette envergure et les risques liés à une deuxième vague. Nous savons que le retour à un espace professionnel ne se fera pas comme avant cette période sans précédent, et qu’il y aura probablement plusieurs phases. Il est ainsi nécessaire de tirer les enseignements de ces derniers mois au regard notamment de l’apprentissage de nouvelles méthodes de travail à distance et de l’utilisation du numérique ; cela doit servir aux entreprises à développer une meilleure adaptabilité et à démocratiser davantage le télétravail. Aujourd’hui, 55% [1]  des salariés qui sont retournés à leur bureau ne travaillent plus du tout de chez eux. Avons-nous réellement tiré les leçons de cette crise sanitaire qui n’est pas terminée ?

La nécessité de gérer et segmenter l’organisation des bureaux

L’une des premières étapes d’un plan de retour au bureau pour les RH sera de déterminer qui doit réintégrer les locaux de l’entreprise en priorité. Selon les directives nationales et les politiques de santé différentes suivant les régions, l’anticipation doit primer. Des scénarios doivent être préétablis et un présentiel adapté mis en place.

Les responsables RH devront travailler directement avec les équipes pour comprendre les besoins et impératifs de chacun pour mieux s’organiser. Cela concerne avant tout les salariés qui rencontrent des difficultés à travailler de chez eux car leur travail ne se résume pas qu’à des tâches derrière un clavier d’ordinateur. Mais cela s’applique également pour les personnes qui ont besoin de se retrouver au sein d’un environnement plus sécurisé selon leurs activités (comme la défense, la recherche etc…) et qui n’ont pas toutes les ressources nécessaires à domicile.

En fonction des évolutions des règles sanitaires et de la capacité d’accueil des entreprises, les salariés qui feront partie de la deuxième série de retour seront ceux qui se sentent bien plus productifs dans un environnement plus professionnel et propice au travail en équipe. Certains pensent également que ce retour au bureau pourrait concerner la population qui serait immunisée contre la COVID-19. Cependant, chaque entreprise est différente et les règles administratives sont amenées à changer selon les secteurs. S’adapter continuellement et communiquer auprès des salariés sera indispensable.

La troisième catégorie de salariés à opérer un retour au sein des bureaux pourrait être plus complexe. Elle dépend également de la volonté de chacun. Aujourd’hui, une entreprise ne devrait pas imposer à un employé d’avoir à revenir dans ses locaux s’il lui est possible de travailler de chez lui ; en tout cas, l’entreprise devrait au moins lui offrir des garanties qui peuvent satisfaire ses volontés et apaiser ses craintes. Beaucoup de sociétés, comme Twitter par exemple, ont fait part de leur volonté d’étendre le télétravail au-delà de la crise sanitaire. Quant aux DAF, ils sont aujourd’hui 68% à penser que cette crise amènera des changements à long terme sur l’organisation du travail en entreprise. De nombreux DRH avec qui nous avons pu échanger récemment travaillent, pour la plupart, à la réorganisation des locaux ou à l’établissement de calendriers présentiels pour s’adapter à de nouvelles normes plus fluides.

Encore une fois, tout cela ne sera possible que si ces aménagements s’adaptent aux souhaits des salariés, au contexte et au bon fonctionnement des équipes.

Bien des employés aujourd’hui déclarent être plus productifs en travaillant de chez eux, voire souhaiter pouvoir alterner une forme de semi-présentiel semi-télétravail, leur permettant de mieux concilier leur vie personnelle et leur vie professionnelle ; c’est particulièrement vrai pour les salariés ayant de jeunes enfants à la maison.

Par ailleurs, il existe une quatrième catégorie de salariés pour laquelle le retour au travail semble beaucoup plus problématique. En fonction des avancées de la recherche sur la disponibilité d’un vaccin, voire d’un ralentissement significatif de la COVID-19 et des mesures de santé publique prises par le gouvernement, les personnes avec des pathologies médicales lourdes ou qui présentent des risques forts liés à certaines maladies ne pourront pas se retrouver au sein d’espaces de travail partagés. Ceux-là ne souhaiteront pas se mettre en danger et ils devront bénéficier d’une approche toute particulière axée sur la compassion et la considération de leurs besoins ; une approche suivant laquelle agir avec humanité restera la priorité.

[1] Sondage Ipsos pour Perial AM, mené du 23 au 25 juin auprès d’un échantillon représentatif de 700 salariés travaillant au bureau.

Patrice Barbedette

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