Le coaching professionnel à l’heure de la technologie. Comment allier le meilleur des deux mondes ?

« Ce n’est pas ce qui vous arrive qui compte, mais comment vous y faites face. » Cette citation attribuée au philosophe Epictète est particulièrement vraie ces derniers temps. Le contexte socio-économique anxiogène, la quête de sens au travail, l’équilibre fragile entre vie professionnelle et vie privée… suscitent de multiples questionnements.

Pour y faire face, de plus en plus de personnes ressentent le besoin d’un accompagnement et se tournent vers le coaching. Mais devant les soudaines vocations et l’offre exponentielle des services de coaching, le terme est devenu galvaudé, banal, fourre-tout en somme. Au risque même de perdre son essence.

Et pourtant, le besoin d’aide est universel. Prise de conscience, soutien émotionnel, défi intellectuel, ce besoin est essentiel pour tout le monde. Il est d’autant plus vrai que nous nous développons tous avec l’apport des autres. Mais il est vrai aussi que nos sociétés modernes et les problématiques qu’elles soulèvent ont rendu l’exercice de plus en plus complexe. Sans compter qu’il doit s’adapter à nos modes de vie régis par l’instantanéité, le numérique, l’hyper sollicitation.

Alors quelles seraient les caractéristiques d’un nouveau type de coaching professionnel, en phase avec son temps et de haute qualité ? Mis à part, bien sûr, que celui-ci soit dispensé par des professionnels formés, comment cette capacité à aider pourrait-elle servir avec pertinence le plus grand nombre ?

Voici 6 piliers qui, selon moi, définissent le coaching professionnel de nouvelle génération.

La confiance

Se lancer dans un programme de coaching est loin d’être évident pour tout le monde. Livrer à un inconnu des détails de sa vie quotidienne, lui confier ses craintes voire son mal-être n’est pas une démarche naturelle. S’exprimer devant un coach nous expose inévitablement à des biais cognitifs, involontaires mais bien réels, liés à son jugement et son interprétation.

Pour se mettre à l’abri des non-dits, le cadre d’exercice doit favoriser au maximum la confiance, le lâcher prise et la libre expression. Avec le temps cette confiance grandit, mais de nombreuses personnes confient être bien plus à l’aise à s’exprimer face à un coach dont l’impartialité ne peut être remise en question.

La technologie est en mesure d’offrir cette objectivité pour faire naitre un nouveau modèle. Comment ? En conjuguant les attributs indispensables à une bonne relation de coaching avec la puissance, la praticité et la disponibilité d’une application numérique capable de démultiplier et sublimer ces attributs. Bien entendu, celle-ci doit garantir la sécurité et l’anonymisation des données. Et les conseils qu’elle prodigue doivent être issus de véritables coachs professionnels, dont c’est le métier.

Face aux idées reçues sur l’usage de l’IA dans le domaine des interactions humaines, perçu par certains comme déshumanisé voire gadget, on peut y voir au contraire un modèle de coaching infiniment personnalisé qui facilite la confiance, notamment pour les nouvelles générations. 

L’impact

Quoi de plus satisfaisant que de se rendre compte concrètement que l’on progresse et de visualiser ses progrès et l’impact d’un coaching professionnel. Pour prendre la mesure de ces impacts, il manque encore aujourd’hui un système d’archivage des sessions. Ce retour en arrière qui permet d’ancrer les échanges, de mieux percevoir ses propos et de se constituer sa documentation personnelle (contenus, conseils, exercices) fait partie du travail de coaching. La plupart des coachings, menés à l’oral, s’évaporent par la suite et il n’en reste que des bribes.

Une autre approche est de privilégier l’écrit. Car faire l’effort d’écrire sa pensée permet de mieux la décortiquer, l’analyser et la maîtriser. L’écrit améliore aussi l’effet d’introspection et la mémorisation. Écrire c’est aussi archiver et permettre de répéter le travail, relire les conseils du coach.

L’écoute active et prolongée

Cette caractéristique, si évidente soit-elle, révèle la capacité d’un coach à faire preuve d’empathie afin de comprendre en profondeur les maux du client. Elle doit également se vérifier durant toute la durée de l’accompagnement. Le coach doit garder en tête le contenu de chaque session et relier les informations passées, présentes, voire futures et ainsi démontrer que tout ce qui a été partagé a été pris en compte. Les capacités d’archivage et de retour en arrière facilitent grandement ce travail.

L’écoute active est aussi une écoute qui prend le temps. Dans le coaching professionnel, le temps est un allié. Pour se poser les bonnes questions, les poser différemment, pour mettre en pratique, pour faire le point… L’atteinte d’un objectif de coaching en appelle souvent un autre, totalement différent ou complémentaire.

Ainsi, le coaching à l’état de l’art et le plus efficace qui soit, est un processus de croissance continu, qui se nourrit de toutes les étapes traversées au cours de la vie et adaptable aux contextes changeants.

L’expertise

Il existe des milliards d’histoires de coaching. Autant de cas différents, de processus et d’objectifs – atteints ou non – que d’individus coachés. Cette masse d’expérience acquise de part et d’autre constitue une intelligence collective de coaching infiniment riche faite de perceptions multiples du monde, des situations, des sentiments. Autant profiter de la sensibilité et de l’intelligence de plusieurs coachs que de se limiter à un seul, si professionnel et talentueux soit-il.

Le coaching n’est pas une science exacte, et plus il se nourrit de multiples points de vue et d’expériences, plus il sera précis et efficace. Cette intelligence collective est une mine d’or qui ouvre les portes d’un coach démultiplié, capable de se nourrir de millions de cas.

Le plaisir

On évoque souvent le terme de routine de coaching. En effet, à l’image d’un virtuose qui répète ses gammes ou d’un athlète qui enchaîne les entraînements, un bon travail de coaching passe nécessairement par une démarche de répétition. En revanche, routine ne signifie pas contrainte. Le coaching doit être adapté et flexible. Ce n’est pas au client de se conformer à un rythme fixe et imposé de sessions de coaching, c’est lui qui doit l’imposer.

Ce rendez-vous ne doit en aucun cas être perçu comme une contrainte ou un moment figé dans l’agenda. Il doit épouser notre emploi du temps et être activable partout, tout le temps.

Tout simplement parce que nous ne sommes pas des machines, prêts à livrer à heure fixe les efforts nécessaires pour une séance de sport, pour lire un livre, pour rédiger une lettre ou pour suivre une séance de coaching. Notre cerveau travaille en permanence. Nous pouvons donc ressentir le besoin de se livrer à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

L’accessibilité

Enfin le dernier point et non des moindres est celui du tarif d’un coaching professionnel. En moyenne entre 200 et 500€ de l’heure selon le coach, cet accompagnement est loin d’être accessible à tous. Surtout, ce tarif est généralement appliqué pour un nombre d’heure précis, quel que soit le niveau d’atteinte des objectifs.

Là encore, le coaching doit se mettre à la page face aux nouveaux modes de consommation. Comme de nombreux services, il faut le rendre accessible sous la forme d’un abonnement sans engagement et pour un usage illimité. Il n’en sera que mieux perçu et plus efficient.

Tout comme les formations professionnelles, qui au départ n’étaient pas accessibles à tous, le coaching doit se réinventer et se rendre disponible au plus grand nombre. Il n’est pas question de remplacer les modèles de coaching existants, éprouvés et appréciés depuis plusieurs années, mais de les compléter par un nouveau modèle, plus proche des aspirations et du mode de vie des nouvelles générations.

 

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