Travail : seuls 3 français sur 10 jugent leurs managers « bons » ; alors que 7 cadres sur 10 se jugent eux-mêmes « bons managers »

 Cadreo, la plateforme web dédiée au recrutement des cadres et dirigeants, s’est penchée sur le rapport qu’entretiennent les cadres et les non-cadres au management et les évolutions attendues. Se jugent-ils bons managers ? Comment leur management est-il perçu par leurs collaborateurs ? Sont-ils formés ? Quelles missions affectionnent-ils ?

Premier grand enseignement : 7 cadres sur 10 se jugent « bons » ou « très bons » managers. Mais seuls 3 collaborateurs sur 10 partagent cet avis.  Voici l’ensemble des résultats de cette enquête menée auprès de 2 930 salariés :

  • 40% des cadres n’ont suivi aucune formation au management
  • 77 % des cadres encadrent réellement des collaborateurs
  • 68% d’entre eux précisent qu’ils « aiment beaucoup » ce rôle
  • 36 % des managers trouvent cette mission trop chronophage
  • 31% des cadres passent plus de 50 % de leur temps à gérer leurs équipes
  • 67 % des non-cadres souhaiteraient accéder à ce statut.

Comment devient-on cadre ?

Selon les résultats de l’étude Cadreo, les salariés le deviennent, à parts égales, dès la sortie de leurs études (34%), à la suite d’une promotion (34%) ou après avoir changé d’entreprise (32%). Parmi ceux qui le sont devenus au cours de leur carrière professionnelle, rares sont ceux qui ont demandé à le devenir puisque 68 % d’entre eux se sont vu proposer ce statut par leur employeur. Quant au timing, près de 22 % sont devenus cadres avec moins de 3 ans d’expérience, 54 % après 4 à 10 ans d’expérience, 15% après 10 à 15 ans d’expérience et un peu moins de 10 % après plus de 15 années d’expérience.

Au-delà du critère de l’expérience, Cadreo a souhaité savoir si les cadres, et notamment ceux qui encadrent des équipes, avaient suivi une formation. L’enquête révèle que 40% d’entre eux n’ont suivi aucune formation spécifique et ont appris « sur le tas ».

Un état de fait qui explique peut-être le ressenti des collaborateurs. Appelés à noter leurs supérieurs sur leur manière de manager, ils ne sont que 35% à leur attribuer une note supérieure à 3/5. Concernant les rapports avec leur manager, une courte majorité (53%) donne au maximum la note de 3/5.

Du côté des cadres, s’il n’y a pas inversion des proportions, les notes sont toutefois bien meilleures. 68 % des cadres s’attribuent une note supérieure à 3/5. Également invités à juger les rapports avec leurs collaborateurs, 7 managers sur 10 s’attribuent une note supérieure à 3. Parallèlement, moins d’un collaborateur sur deux leur attribuent une note équivalente.

Un statut qui fait envie

A la question « Aimez-vous manager », près de 70 % répondent « Oui beaucoup » et 26 % « Oui, un peu ». Seuls 0,7 % des répondants ont déclaré ne pas aimer du tout manager. Preuve qu’ils apprécient cet aspect de leur métier, quand on leur demande si à salaire équivalent ils choisiraient de ne plus encadrer de collaborateurs, seuls 26 % prennent cette option et 74 % décident de continuer à manager. Et cela même s’ils jugent souvent que la fonction d’encadrement est une mission relativement chronophage puisque deux tiers (68%) déclarent qu’ils passent plus de 25 % de leur temps de travail à gérer leurs équipes.

Qu’est-ce qui leur plaît donc tant dans leur fonction ? On trouve en premier lieu la possibilité de faire progresser leur équipe (86 %), puis le facteur humain (75 %) avant la possibilité de déléguer (36 %). Le fait d’être chef (7 %) ou le statut social (10 %) arrivent loin derrière. A l’inverse, quand on les interroge sur ce qui leur déplaît le plus dans le fait de manager, les cadres mettent en avant le manque de temps et d’accompagnement (50 %), le manque de leviers de motivation de l’équipe (47 %) puis l’aspect chronophage de cette mission (36 %). Les difficultés relationnelles avec les collaborateurs (15 %) ou le manque d’intérêt pour la mission (5 %) sont relativement peu cités.

Alors que la disparition du statut cadre est régulièrement annoncée, cette enquête révèle que les cadres y sont attachés, 35 % allant même jusqu’à se déclarer « très attachés » à celui-ci. Si le statut social n’était mis en avant que par 10% des cadres, 58 % des interrogés déclarent que cet attachement repose essentiellement sur le sentiment d’appartenance à une catégorie sociale particulière.

Un attachement que l’on retrouve chez les non-cadres puisque 2/3 d’entre eux (67%) souhaitent également y accéder. Plusieurs facteurs les motivent dans la conquête de cet objectif : le rôle dans la stratégie de l’entreprise et les responsabilités/missions (63%), mais aussi le salaire (57%), la reconnaissance de leurs supérieurs et le statut (25%).

La mission type des cadres

Pour beaucoup, cadre rime avec encadrement. Un sentiment peu éloigné de la réalité puisque 77% des cadres interrogés occupent une fonction managériale. Les managers encadrent le plus souvent des équipes constituées de 1 à 4 collaborateurs (24 %) ou de 5 à 9 personnes (23 %) quand seulement 16 % des managers encadrent plus de 50 salariés.

Alors que dirigeants et salariés peinent parfois à s’entendre sur la définition à donner aux cadres, ces derniers ont leur petite idée… Trois éléments sont, selon eux, les plus susceptibles de les distinguer des non-cadres : le niveau de responsabilité (64 %), le management et l’autonomie dans le travail (41% à égalité). Le diplôme et le niveau d’expertise ne sont cités qu’après.

Du côté des non-cadres, si le niveau de responsabilité est également cité en premier (55%), les compétences (48%) arrivent en seconde position avant le management. Cadres et non-cadres sont donc plutôt d’accord sur ce qui doit définir le statut.

Enquête menée du 24/04/2019 au 15/05/2019 auprès de 2 930 salariés en France.

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La Rédaction

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