Pourquoi le temps de l’apprentissage immersif est-il venu ?

L’un des enjeux des dix prochaines années pour les entreprises sera de former massivement dans un temps court. Pour répondre à ce défi, elles pourront compter sur les outils virtuels, qui favorisés par l’avènement du télétravail en raison de la situation épidémique, offrent des solutions multiples et adaptables. Ils révolutionnent les apprentissages en réussissant à capter à distance lattention des apprenants. La réalité virtuelle franchit une étape supplémentaire en la matière en le faisant de manière inclusive, rapide et efficace.

D’après le dernier baromètre Cegos « Transformations, Compétences et Learning » publié mi-octobre, ce sont 88% des entreprises qui ont continué à former en ligne leurs collaborateurs pendant et avant le second confinement. Et plus d’un salarié sur deux s’est formé à distance pendant l’épidémie grâce à toutes sortes de dispositifs digitaux (classes virtuelles, webinaires, e-learning…). Il y a un an, ces chiffres auraient certainement été impensables pour la plupart des DRH. Aujourd’hui, un retour en arrière semble peu probable. De nouvelles habitudes ont été prises, fondées sur la réussite des formations menées à distance. D’ailleurs, pour 86 % des DRH interrogés par Cegos, les formations organisées par leur entreprise auront davantage lieu à distance qu’avant la crise sanitaire. Pour autant, il n’est pas question de se passer du présentiel, mais de proposer des parcours de formations mixtes (de blended learning) alliant l’enseignement classique en salle et le digital à distance. Dans ce type de formule pédagogique, la réalité virtuelle et sa capacité d’immersion dans le contenu s’avère un excellent outil, qui franchit une étape supplémentaire dans l’apprentissage digitale.

Un format pédagogique puissant et rapide

Longtemps qualifiées de curiosités technologiques, les technologies immersives ont progressivement fait leur chemin, jusqu’à s’imposer comme des modalités de formation à part entière. Concrètement, l’apprenant ayant placé un casque de réalité virtuelle (VR) devant lui, a la sensation de se retrouver dans un environnement nouveau « comme s’il y était ». Il ou elle est face à des scénarios non linéaires (contrairement au E-Learning le plus souvent) avec la possibilité de tester des solutions à l’infini sans aucune prise de risque puisque rien n’est réel. Les erreurs n’ont aucun coût. Dans ce storytelling ludique, l’apprenant devient le propre acteur de sa formation et s’engage personnellement dans son processus d’apprentissage, davantage que dans un parcours classique.  Une étude de PWC a d’ailleurs démontré que les apprenants en VR se sentaient 3,75 fois plus connectés émotionnellement au contenu que les apprenants en classe et 2,3 fois que les apprenants en ligne (e-learning). Les apprenants formés à la réalité virtuelle sont aussi jusqu’à 4 fois plus concentrés pendant la formation que leurs pairs en e-learning, gage d’efficacité plus grande.

Des usages Hard et Softskills

Adopté en premier lieu par de grands groupes américains comme Walmart, l’apprentissage immersif est désormais utilisé par des entreprises françaises, tous secteurs confondus (Industries, Santé, Transport, éducation…) afin de garantir une meilleure performance à leurs agents sans prendre le risque de les mettre en danger. Les usages sont multiples, du suivi de procédure, à la fluidification de la logistique en passant par l’apprentissage sur machine etc. Outre les gestes techniques, la réalité virtuelle s’empare également des compétences douces dites soft skills, pour les faire croître chez l’apprenant. Mises en situation pour gérer son stress, entrainement aux situations managériales complexes, maitrise du langage corporel, toutes ces qualités sociales et émotionnelles prennent aujourd’hui une importance croissante tant elles sont la clé pour assurer la réussite commune du couple salarié-entreprise.

Une technologie inclusive

Tous les secteurs, et tous les publics sont concernés. L’apprentissage immersif offre la possibilité de se mettre à la place de son interlocuteur pour mieux le comprendre et répondre efficacement à ses attentes. Il est alors facile de comprendre son potentiel en matière de sensibilisation aux handicaps ou encore au sexisme. La réalité virtuelle possède le pouvoir de placer tout le monde sur le même pied d’égalité en arrivant à gommer les différences. Grâce à son aspect ludique, elle devient un outil d’intégration pour les profils les moins à l’aise avec la formation, rétablissant alors l’égalité des chances entre les apprenants. Toujours d’après l’étude PWC, les apprenants en VR ont 40% plus de confiance en eux que les apprenants en classe et 35% de plus que ceux en e-learning pour agir ensuite sur ce qu’ils ont appris pendant la formation.

Une démocratisation des outils

La démocratisation des outils, principalement des casques de réalité virtuelle permet d’intégrer le 360° dans la plupart des dispositifs de formation. Aujourd’hui, ces unités peuvent être gérées comme tout autre appareil mobile d’entreprise et peuvent être utilisées à plusieurs reprises pour dispenser une formation. L’apprenant peut réaliser la formation au sein de son entreprise, ou chez lui de sorte que la formation s’inscrit dans la journée de travail du salarié, par module court de quelques minutes. PWC démontre d’ailleurs que les formations en VR sont pour l’apprenant 4 fois plus rapides à faire (pour la même efficacité) qu’en classe et 50% plus rapide qu’en E-Learning, ce qui constitue des sources d’économies colossales si l’on ajoute à la durée de la formation, la durée de mobilisation du salarié apprenant (et les frais de déplacements…).Enfin, avec les derniers systèmes, il est même possible de se retrouver à plusieurs dans un contenu pédagogique immersif et ce à distance, un complément nécessaire à la « zoom » fatigue, comme une parenthèse enchantée où l’on se transporte ailleurs !

Plus que jamais, la formation professionnelle a besoin de se réinventer. Or, les outils nécessaires à cette transformation, comme lapprentissage immersif sont déjà à disposition de l’écosystème de la formation, et de la gestion des ressources humaines. Il est urgent que les entreprises et les DRH semparent de ces technologies, qui ne sont plus celles de demain, mais bien celles daujourdhui.

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