Pourquoi changer d’entreprise ne règle généralement pas le sentiment de frustration des salariés ?

Pour de trop nombreux salariés, le sentiment d’une vraie frustration au travail est intensifié par l’impression de vivre toujours la même journée, comme une sorte d’hybernation, huit heures par jour, du lundi au vendredi. Et cette frustration crée du mécontentement, avec à la clé, l’envie de changer d’entreprise. Aujourd’hui, plus d’un salarié sur cinq en France travaille moins de six mois dans une entreprise avant que cette frustration ne se réinstalle. Et ils sont 81% à penser changer de travail.

Au cours de la dernière décennie, il est devenu de plus en plus difficile d’équilibrer sa vie professionnelle et sa vie privée, notamment en raison de l’évolution de la journée de travail traditionnelle, de 9h à 17h, vers une vie active toujours plus intense. Ainsi, n’y aurait-il pas un lien entre le taux de rétention des salariés et l’aménagement des espaces de travail pour qu’ils soient davantage adaptés à de plus larges périodes de travail, assis derrière le même bureau ?

Mais si les taux de frustration sont préoccupants, les entreprises devraient se consoler en se disant que les solutions ne sont pas aussi drastiques qu’on pourrait le penser.

Une étude à récemment était faite sur les principaux critères de satisfaction ou de mécontentement que l’on retrouve dans les environnements de bureau.  Il en ressort que, plus souvent qu’on ne pense, cette frustration émane souvent de problèmes induits par l’environnement de travail, plus qu’à la fonction ou au poste occupé.

Des éléments d’insatisfaction, comme l’éclairage, le bruit, la température, les mauvaises conditions ergonomiques, les équipements défectueux, sont rarement les seuls motifs de grief incitant quelqu’un à vouloir chercher un autre emploi. Mais si quelques-uns de ces facteurs se cumulent sur une longue période, le fait qu’aucune solution ne soit apportée dans l’environnement physique peut avoir des conséquences désastreuses.

Plus inquiétant encore, sous un angle plus sociétal, les salariés qui se jettent à l’eau pour voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, risquent fort d’expérimenter les mêmes causes de mécontentement dans leur nouvel environnement.

Ceci nous amène à évoquer un défi bien plus grand qu’il faudra bien relever et il semble bien, que ce ne soit pas aux salariés de le faire. Ce sont bien les entreprises qui doivent le relever, pas seulement pour prendre la mesure du mécontement potentiel des salariés, mais pour trouver des solutions concrètes, afin de remédier à la situation.

La liste des frustrations quotidiennes au travail

Si l’on considère les influences favorables au bien-être au travail, une société pourra avoir les dirigeants les plus libéraux et généreux possibles, proposer des activités sociales le vendredi après-midi, des événements annuels, une cafétéria… ces agréments n’apporteront un soulagement que de courte durée. Si des conditions de travail satisfaisantes ne sont pas davantage personnalisées en réponse aux inconvénients qui minent la journée, alors ce n’est pas le nombre de cupcakes gratuits qui jouera sur la décision d’un salarié de s’en aller.

L’éclairage et la température sont fréquemment cités par les sondés en Europe : l’éclairage pour un quart d’entre eux, alors qu’ils sont 34% à lier les conditions de température à leur sentiment quotidien de frustration.

Le manque d’espace personnel (20%) et les fréquentes interférences sonores (30%) sont des complaintes courantes, de nouveau liées à des ressentis personnels, et non à une aversion pour le bureau ou l’entreprise en question.

Près de la moitié des sondés (44%) déplorent que leur entreprise ne s’investisse pas suffisamment dans l’entretien de leur environnement de bureau ; sachant qu’ils sont 83% à établir un lien entre la qualité des conditions de travail et leur besoin d’épanouissement, le cycle de mécontement est complet.

La reponse à ce sentiment d’insatisfaction

Dans la majorité des cas, les entreprises concernées peuvent mettre en place des solutions simples. Par exemple, en créant un espace de travail personnalisé, plus confortable et favorable à la productivité de chacun et pas nécessairement à l’ensemble du personnel d’un même bureau.

Il est aussi possible de régler la température individuellement, en investissant dans des appareils de chauffage ; d’organiser les bureaux en fonction des sources de lumière existantes ; ou encore de prévoir des partitions entre les bureaux, pour une meilleure personnalisation, tout en atténuant les petites nuisances provoquées par les collègues.

En traitant les griefs liés à l’environnement de travail de façon plus personnalisée, les entreprises se donnent les moyens d’améliorer le moral de leurs équipes (84%), de stimuler la productivité (84%) et, surtout, d’accroître nettement la rétention du personnel (77%).

Et peut-être plus important encore, les trois-quarts (75%) des salariés en France estiment qu’il existe un vrai lien entre la qualité de l’environnement de travail au bureau et la réussite globale de l’entreprise. Donc, c’est en donnant à vos effectifs l’impression d’être davantage valorisés que vous générerez en retour davantage de valeur.

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