Ma vision du travail… quand j’avais 15 ans !

« Comment ferez-vous quand vous aurez un travail ? Vous croyez que ce comportement sera accepté ? » ou la nécessaire et douloureuse projection de son futur moi

Je me rappelle encore ces phrases que certains professeurs adressaient aux élèves qui arrivaient en retard, ou qui rendaient leur devoir à la maison une semaine après la date limite.

Qu’est-ce que cela signifiait ? J’imaginais alors que la vie professionnelle était synonyme de contraintes, qu’être adulte voulait dire être irréprochable, et que travailler signifiait obéir. Car, au-delà de la façon dont j’imaginais le monde du travail lorsque j’avais quinze ans, c’est toute la vie d’adulte que je fantasmais. Entre envie et peur, hâte et rejet, ce sont toutes les émotions démultipliées par l’adolescence qui se mélangeaient.

Car oui, pourtant… comme tous les ados de mon âge, je caressais le doux rêve de faire enfin quelque chose que j’aime, d’être débarrassée des devoirs sur table et autres révisions du bac, d’être utile et de travailler pour des objectifs concrets.

 

« Savez-vous ce que vous voulez faire plus tard ? », ou l’art de devenir réaliste

Je crois que tous mes camarades de classe se rejoignaient sur ce point : ce sera mieux quand on sera grands. Et même si ça fait peur parfois, ça donne envie.

A quinze ans, nos rêves d’enfants ont déjà pris une petite claque. Paul ne se voit plus pompier, Inès a réalisé qu’elle n’aimait pas assez les matières scientifiques pour devenir vétérinaire, William sait que ses parents veulent qu’il fasse de bonnes études et qu’il ne pourra donc pas faire son CAP Pâtisserie. Parce qu’à quinze ans au XXIème siècle, on a un certain sens de la réalité.

Alors on essaie de trouver un avenir qui puisse correspondre à la fois à ce que l’on aime et à ce que l’on peut faire. Certains vont réussir à conserver leurs rêves et à aller jusqu’au bout, d’autres trouvent des compromis.

 

« Au lycée, on n’est plus un enfant : on devient autonome », ou le bon parfum de la liberté

A la rentrée en classe de seconde, j’avais l’impression de me rapprocher un peu plus de l’âge adulte. On nous laissait nous organiser sans nous imposer de cahiers à petits carreaux ou de stylos verts bleus ou noirs.

C’est ainsi que j’imaginais le monde du travail : plus d’autonomie, plus de confiance qu’à l’école. Et finalement, je réalisais que tout cela s’apprenait aussi : l’école était bien le cheminement vers l’âge adulte. Les profs avaient raison. Certains nous ont accompagnés avec bienveillance, d’autres nous ont secoués, mais ils nous ont tous aidés à devenir des adultes capables d’avoir un travail.

 

« Vous voulez faire le cours à ma place ? », ou le respect de la hiérarchie

Si chaque professeur avait ses méthodes, il y avait une vérité absolue : quand on a quinze ans, on écoute son professeur, et on lui obéit (normalement). Je pensais que ça changerait, au moins un peu, dans le monde du travail, qu’on me ferait justement beaucoup plus confiance, plus tard.

 

« L’école forme les adultes de demain », ou la lucidité adolescente

Et oui. Car aujourd’hui, quinze ans plus tard, je réalise que l’autonomie, le respect des règles et de la hiérarchie, les questionnements, les compromis, les réussites, les échecs, les joies et les appréhensions, font partie de ma vie professionnelle. Et si, comme le dit Rimbaud dans le poème que j’ai dû commenter à mon bac français, « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans », on n’en est pas moins lucides

La Rédaction

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