L’anglais en contexte professionnel : et si on changeait d’état d’esprit ?

On ne cesse de le répéter mais l’apprentissage de l’anglais est aujourd’hui indispensable au quotidien pour évoluer dans sa carrière professionnelle et a une importance croissante dans la vie privée. Une forme d’injonction nécessaire, mais qui ne doit pas faire oublier la réticence d’un certain nombre de Français à apprendre une autre langue. Pour autant, apprentissage doit-il forcément rimer avec corvée ? Un paradigme qu’il faut renverser pour instaurer une perception de l’apprentissage plus émancipatrice.

L’anglais, un prérequis qui fait l’unanimité

Il y a peu, il était encore possible d’occuper des postes à haute responsabilité sans avoir besoin de maîtriser l’anglais. Difficile d’imaginer aujourd’hui un tel cas de figure pour des chefs d’entreprises ou pour des hommes et femmes politiques. C’est dire la rapidité avec laquelle le monde a changé et avec lui les codes du monde professionnel. L’apprentissage de l’anglais ne répond pas à une tendance mais bien à un besoin pour les sociétés d’accueillir plus d’opportunités venant de l’international. Une entreprise qui développe une forte activité à l’étranger aura nécessairement besoin de collaborateurs ayant un niveau d’anglais plus ou moins élevé et adapté aux ambitions de la société.

Le contexte mondialisé dans lequel nous évoluons oblige les entreprises à constamment s’adapter et à faire preuve d’agilité pour rester dans la course. Si les opportunités sont là, qu’elles requièrent la maîtrise de l’anglais de la part des équipes, mais que celles-ci ne sont pas prêtes à suivre, faute d’un niveau suffisant, cela impacte directement l’activité. Or l’apprentissage d’une langue est un travail qui s’effectue sur la durée : difficile dans cette situation de corriger le tir rapidement. Face à ces défis, les entreprises ne sont pas les seules à prendre conscience de la nécessité de manier la langue de Shakespeare avec aisance. Les salariés connaissent également son importance à l’embauche et le frein que représente sa non-maîtrise. À titre d’exemple, selon une étude conduite par Indeed en 2019, près d’un Français sur trois aurait déjà renoncé à candidater en raison de son niveau d’anglais.

Une culture du perfectionnisme à la française

Si posséder un bon niveau d’anglais est devenu un prérequis pour décrocher un emploi dans bon nombre de secteurs – et qu’il est également utile dans des situations du quotidien (pour accéder à une plus large culture, voyager, etc.) – comment se fait-il que près de 30% des Français se déclarent encore réfractaires à son usage dans la vie quotidienne* ? Est-ce une question d’état d’esprit ? Une défense du patrimoine culturel français ? Un refus d’une uniformisation du langage ? Un élément de réponse se trouve peut-être dans notre conception de l’éducation : pratiquer une langue étrangère, à l’écrit comme à l’oral, avec aisance et sans faute est souvent perçu comme valorisant. Mais pour en arriver là, il faut accepter de tomber dans les pièges tendus par « les faux-amis », de buter sur la prononciation de certains mots, de commettre les erreurs et maladresses inhérentes à un apprentissage aussi complet du point de vue neurologique. Une telle façon de penser tend à provoquer une forme de perfectionnisme bloquant lié à l’apprentissage de la langue. En somme, faire des fautes n’est pas admissible chez nous.

Il en résulte ainsi un réel stress pour les Français à pratiquer une langue étrangère, de peur d’avoir un accent trop prononcé ou de manquer de vocabulaire, entre autres. Amener un peu plus de tolérance et de bienveillance dans l’apprentissage, quel qu’il soit, est le point de départ pour générer l’envie d’apprendre.

Aimer les langues étrangères : un travail de sensibilisation et de formation

Au-delà de l’envie d’apprendre une autre langue, il faut donner une raison, un objectif qui permet d’utiliser à bon escient tout ce que l’on a appris. Pour les managers, cet aspect est particulièrement important à prendre en compte pour motiver les collaborateurs en ce sens. Un rôle que doivent également assurer les organismes de formations linguistiques dans leur approche. Les formateurs auraient tout intérêt à effectuer un réel travail de sensibilisation pour faire tomber les blocages psychologiques et donner aux apprenants les moyens de pouvoir interagir dans n’importe quelle situation.

Une tâche qui n’est pas simple tant elle concerne autant les collaborateurs que les directions générales. D’une certaine manière, la démarche d’apprendre une autre langue ne sert pas seulement des objectifs business ou en lien avec la carrière, elle permet aussi de s’ouvrir à une tout autre culture, à des façons de penser et d’agir différentes. C’est une opportunité pour les entreprises de tendre vers plus d’inclusion et de diversité, des sujets qui ont toute leur importance, d’autant plus à notre époque.

*source : enquête Berlitz réalisée par l’institut de sondage YouGov sur 1010 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne du 18 au 21 juin 2021.

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