Un retour au travail, synonyme de détresse psychologique des salariés

D’après une étude OpinionWay, 47% des salariés français se disaient en détresse psychologique pendant le confinement, dont 21% en détresse psychologique élevée avec de forts risques de développement de troubles mentaux plus ou moins sévères.

Un autre baromètre effectué entre 20 et le 29 mai, indique que 42% des sondés seraient en souffrance psychologique en sortie de confinement. Parmi les problèmes évoqués pouvant être des signes précurseurs de burn out ou épuisement : le sommeil (35%), troubles musculo-squelettiques (28%) ou maux de tête (22%).

D’après Didier Meillerand, Délégué Général du Psychodon, acteur de sensibilisation sur les maladies psychiques, le déconfinement peut avoir des conséquences importantes sur la santé psychique des salariés de retour au bureau. Le changement de rythme peut aussi conduire à beaucoup de fatigue et de stress. Ceux qui ont su bien s’organiser en télétravail peuvent craindre un retour brutal au bureau (cela leur coûte de l’énergie mentale et est source d’anxiété due à la présence du virus et à l’application des contraintes sanitaires.  Par ailleurs, le changement de rythme peut aussi conduire à beaucoup de fatigue et de stress.

« Avec le déconfinement, on sort de sa « bulle de protection », et on se retrouve avec des émotions contradictoires, entre la peur de l’inconnu, la crainte de reprendre son travail, l’inquiétude du virus, et la hâte de retrouver ses collègues, son quotidien. Toutes les questions que se posent les salariés sur l’avenir de leur entreprise, de l’économie et de leur poste vont devenir encore plus réelles ».

Didier Meillerand

Une angoisse accentuée par la crise économique

En entreprise, le climat peut être anxiogène avec le stress ambiant et la pression économique.  Certaines vont aussi demander à leurs salariés de travailler plus pour limiter les effets de la crise économique, ce qui rajoute une pression supplémentaire. Pour beaucoup, le télétravail a généré du stress, de l’angoisse, une grande fatigue et des difficultés familiales avec une frontière vie professionnelle/vie personnelle quasiment inexistante.

« Si les entreprises persistent à mettre la performance économique avant la santé psychique des salariés, il y a un risque de burn-out généralisé. Il va aussi falloir apprendre à sociabiliser à nouveau avec ses collègues et se confronter à nouveau à une vie sociale et à des règles de vie en société, ce qui peut être épuisant ». 

Didier Meillerand

Les transports : un passage obligatoire mais stressant

La peur des transports en commun est également un facteur de stress supplémentaire dans la reprise du travail. Cela peut déclencher des troubles phobiques. De même, la reprise du trafic sur la route peut être perçue comme source d’inquiétude du fait de la densité de circulation, des comportements dangereux ou de la perte des réflexes consécutive à plusieurs semaines d’immobilité.

Didier Meillerand
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Délégué Général du Psychodon, acteur de sensibilisation sur les maladies psychiques