Nouveaux modes de travail : mais de quoi parle-t-on au juste ?

La dernière édition du baromètre CD&B/OpinionWay sur la relation entre les espaces de travail et le bien-être des collaborateurs est sans appel : la majorité des Français ne se sent pas concernée par les réflexions sur la transformation des espaces de travail. Ils plébiscitent des espaces plus « classiques » et les modes de travail abondamment discutés dans les médias sont au mieux inconnus, au pire honnis.

Ainsi, 66% des salariés Français ignorent ce qu’est le desk-sharing, 71% ne savent rien du flex office et 82% n’ont pas la moindre idée de ce que recouvre le terme « Activity Based Working » (ABW). Alors avant de proclamer qu’une révolution est en marche, un effort de définition ne serait-il pas utile ?

Le desk-sharing : ennemi public n°1 

Le desk-sharing est sans doute le mode d’organisation qui génère le plus d’inquiétude. Son principe est simple : les salariés ne disposent plus d’un bureau fixe. Cette méthode d’organisation poursuit essentiellement deux buts, faciliter la communication en promouvant la mobilité géographique dans les locaux de l’entreprise et permettre à l’entreprise de réaliser des économies en augmentant son taux d’occupation via une réduction de la surface, liée à une diminution du nombre de postes. En provoquant la sensation d’une perte de « son » espace de travail, cette disposition des bureaux rencontre souvent des résistances. Cependant, avec des taux d’occupation autour de 50%, c’est une solution tentante pour les entreprises, si elle prend en compte les envies et besoins de ses salariés. 

Le flex-office : quelle différence ? 

Le flex-office est un système basé sur le desk sharing. Ainsi, en plus des bureaux partagés, c’est toute l’organisation du travail qui est revue vers plus de flexibilité. La mise en place d’une organisation en flex-office présuppose la mobilité des salariés qui peuvent ainsi travailler plus facilement de chez eux (télétravail), à l’extérieur (chez un client, en coworking etc.) et disposent de postes de travail en libre service dans les locaux. De fait, la mise en place du flex-office n’est pas évidente, car l’entreprise doit avant toute chose investir, autant en termes de connectivité que de formation des managers – qui doivent apprendre à gérer cette organisation « flexible ». 

Et l’Activity Based Working dans tout ça ? 

Venu notamment d’Australie, l’ABW est une philosophie de l’organisation qui vient questionner la vision traditionnelle du lieu de travail. Elle propose de passer d’une organisation formelle (plus ou moins flexible) à une organisation informelle et d’ainsi passer d’une vision du bureau personnel à un espace collectif. Concrètement, en répartissant les zones par besoin et non plus par équipes ou par individus, ce qui permet la création un cadre dans lequel les employés évoluent librement et ont les moyens d’être pleinement acteurs de leur réussite et de leur travail. Elle s’appuie sur le flex-office, mais le dépasse, en cela qu’il s’agit avant tout d’une innovation managériale. 

S’il ne fallait retenir qu’une seule chose de tout cela, ce serait qu’une organisation est composée d’humains, avant d’être matérialisée par du mobilier. C’est donc avant tout la manière d’organiser et de déterminer les marges d’actions des individus – ainsi que leurs attentes – qui doit présider à la mise en place de tel ou tel mode de travail. 

Michel Ciucci

Co-fondateur chez CD&B
Michel Ciucci

Les derniers articles par Michel Ciucci (tout voir)